Souvenirs ! Souvenirs !

« Après trois décennies à tenter d’apprivoiser les marais, à appréhender les perdreaux avec mes setters anglais, à côtoyer chevreuils et sangliers en chasse collective … beaucoup de mystères demeurent, et notamment l’approche du « Petit Prince de nos plaines ». Mon père, aficionado du pirsh de Capréolus, pratique cette chasse depuis quelques années chez un certain… Albain.

Juillet 2016 – première sortie à l’approche :

Qu’est-ce que je fais là ? Presqu’une heure que l’on attend. J’ai des crampes, je suis tétanisée : trop de tension, d’appréhension, peur de décevoir, de se décevoir… Cela fait des années que je rêve de mon premier brocard à l’approche … et me voilà face à lui, la carabine posée sur le stick. Il est couché près de sa chevrette ; Albain a vu les pointes des merrains dans l’herbe derrière une fleur de chardon. Soudain, la chevrette se lève suivie aussitôt du brocard. Ils se dirigent vers un chaume sur une crête m’interdisant de tirer pour d’évidentes raisons de sécurité. Nous rebroussons chemin discrètement pour ne pas déranger la quiétude de la plaine.

Cher « petit » brocard, je ne le sais pas encore, mais je ne te remercierai jamais assez d’être resté sur la crête près de ta chevrette.

Quelques minutes plus tard, Albain s’accroupit soudainement … Et là, je t’aperçois, trônant fièrement au milieu des blés murs. Tes bois magnifiques dépassent les épis. Evidemment, j’aurais un jour cherché à récolter un brocard présentant un trophée de cette qualité … un jour … mais cette rencontre, le premier soir, est inespérée !

L’approche s’effectue accroupis dans le blé. Tu es toujours là, immobile. Même l’aboiement d’un de tes congénères, derrière nous, te laisse imperturbable.

J’installe doucement la carabine sur le stick et me cale derrière la crosse. Commence alors une longue attente très stressante. Enfin, ta silhouette apparaît sur le chemin enherbé.

Je te mets en joue ; la croix du réticule bien placée au défaut de ton épaule ; la 7×64 claque … tu t’élances vers un bosquet …plus rien … Je blêmis.

Tu seras finalement retrouvé à une trentaine de mètres de l’Anschuss. Quelle joie ! Pas celle de t’avoir ôté la vie … mais celle de t’avoir approché, attendu et possédé.

Juillet 2017 :

Après tant d’émotions, je n’ai pu contenir ma joie de partager ce récit avec des amis bienveillants. Ces différents échanges ont attisé la curiosité d’une amie, non chasseresse mais qui accompagne son mari de temps à autre à la chasse. Ils n’ont jamais eu l’occasion de pratiquer la chasse à l’approche.

Le bonheur étant la seule chose qui se double si on le partage, j’ai donc invité Marie à m’accompagner. Elle a découvert une ambiance, un mode de chasse, un guide talentueux. Marie a été conquise par ce mode de chasse, par cette implication au sein de la nature.

Les approches, les émotions ont été très différentes mais aussi intenses que l’année précédente.

Merci à Albain pour sa patience, sa pédagogie, sa façon de chasser respectueuse de la nature et de ses hôtes.

Chasser avec Albain, c’est apprendre à lire la nature, et, découvrir à nouveau ce que l’on croyait connaître.

Rendez-vous est pris pour juillet 2018.»

Merci à Anne-Claire pour son témoignage

2018-03-28T09:41:28+00:00